La vie plus que jamais et en musique au Crussol Festival

La vie plus que jamais et en musique au Crussol Festival


En regardant le set de Dyonisos (que je n’avais jamais vu sur scène ni en festival) j’ai eu une pensée émue pour son backliner / régisseur scène. Mathias Malzieu, le chanteur, saute tout le temps et dans tous les sens. Cela n’aurait pas de conséquences si il avait un micro sans fil. Mais non. Les pirouettes régulières de la vedette obligent donc le backliner à courir après lui pour remettre le fil en place et lui permettre de continuer ses péripéties. Tout ça sans continuer de chanter. Parce que le côté showman de Mathias n’éclabousse en rien ses talents de chanteur et de musicien, tout comme celui de l’équipe qui l’accompagne. Ça joue, ça chante, ça vibre, ça vit, ça aime.

Une première soirée de festival sur le thème du reggae


Et quoi de mieux que le théâtre de verdure du château de Crussol pour célébrer ce retour à la vie et à la musique ? Ce festival, qui jouait ce week-end sa 4e édition, a tout d’une réussite. La programmation fait la part belle aux artistes locaux sans négliger la jeune génération (Suzane samedi et Naâman le vendredi soir). Il faut dire que question musique, le festival peut s’appuyer sur l’expérience et l’engagement de Zaz , l’artiste à la genèse de cet événement, ainsi que de l’équipe de Zazimut, Antakara Events aidés de leurs partenaires qui portent avec les élus locaux la réalisation de cet évenement.


Vendredi soir, le groupe Tryo précédé de Naâman, Biga*Ranx et La Poison en ouvreuse, avait ré-inauguré pour beaucoup les concerts autant debout que non masqués. Et quel bonheur de revoir un public qui retrouve un visage, des émotions, que l’on peut voir chanter et sourire. Les plus jeunes avaient en début de soirée acclamés Naâman et son l’univers variant entre reggae et hip-hop. En fin de soirée jeunes et moins jeunes reprenaient en chœur derrière Guizmo et Christophe, les deux chanteurs de Tryo, l’hymne de nos campagnes, un de leurs, sinon leur meilleur tube.

Dyonisos’ familly in Crussol Festival

Le lendemain, place à Garden Partie, Flo Delavéga, Suzane et pour terminer, la tête d’affiche du festival, avec les locaux de Dyonisos. Comme Naâman la veille, Suzane était très attendue par les jeunes. Primée aux Victoires de la Musique cette année, l’avignonaise, qui a construit sa notoriété grâce à la scène, a livré son spectacle maintenant bien rodé dans lequel elle mêle danse et chant sur fond d’électro.

Depuis la console, le son pour vos oreilles grâce à Martin

Il est minuit moins cinq. Je suis avec Martin, l’ingénieur du son qui gère la « façade », le son entendu par le public. En ouverture de spectacle, Mathias a traversé le public depuis le chapiteau de la technique lumière jusqu’à la scène. Je suis venue à la console son, derrière la fosse « au cas où » (et en espérant surtout) que Mathias sauterait dans le public. « Je ne sais pas, il y a le covid » m’a dit Martin quand je lui ai posé la question. Il avale quelques bouffées de cigarettes pendant la pause qui précède les rappels.

Le groupe entame la première chanson sur les deux de prévues pour les rappels, et Mathias se jette dans le public, le backliner et deux rangées de sécurité de chaque coté derrière lui. J’ai juste le temps de prendre l’appareil photo en espérant que les réglages soient au rendez vous. Il atteint à nouveau la régie lumière mais plus de son à son micro. Stress. Réparation. Merci le backliner ! Le voila qui remonte sur scène pour entamer la dernière chanson prévue. Martin retrouve sa cigarette, et, pensant le concert terminé, s’assoie pour souffler.

Mais le public ne veut pas partir. Alors Dyonisos revient. Stress de Martin à la console son. Quelle chanson, quels réglages sur quels instruments ? Il retrouve à la va-vite le titre sur la console. Il s’agit de Familly. Une chanson que Mathias a écrite après sa maladie. Celle pour laquelle il a du avoir une greffe de moelle osseuse qui lui a sauvé la vie. Par les hasards de l’écriture, il a pu retrouver son donneur ou plutôt sa donneuse, une allemande. Emu, il est allé la retrouver, en faisant la route en vélo jusqu’en Allemagne. De tout ça il en a fait une chanson. Sa famille « bien plus que celle du sang » chantait Goldman dans un autre temps. Une belle idée pour terminer la soirée.

A l’année prochaine !

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